Voyager sous l’Empire romain : routes, rythmes et révolutions
À l’époque romaine, voyager n’était pas réservé à une élite oisive. Soldats, marchands, fonctionnaires, esclaves affranchis et même pèlerins sillonnaient l’Empire, bénéficiant d’un réseau routier sans équivalent et de moyens de transport adaptés. Comment les Romains se déplaçaient-ils, à quelle fréquence, et sur quelles distances ?
Un réseau routier impressionnant
Dès la République, les Romains construisent un maillage de routes solides et durables. La via Appia, tracée en 312 av. J.-C., relie Rome à Brindisi sur près de 540 km. Au sommet de l’Empire, plus de 120 000 km de routes pavées sillonnent le territoire, facilitant les déplacements militaires et administratifs. Ces routes, droites et bordées de bornes milliaires (des pierres indiquant les distances), relient entre eux les grands centres urbains.

Qui voyageait et pourquoi ?
Les déplacements étaient souvent motivés par des raisons professionnelles : les soldats rejoignaient leurs garnisons aux confins de l’Empire, les marchands participaient aux foires régionales ou importaient des produits exotiques, et les fonctionnaires circulaient pour administrer les provinces. Les déplacements familiaux ou religieux étaient aussi fréquents : pèlerinages, visites de sanctuaires ou de proches éloignés. Le tourisme existait également : certains citoyens fortunés visitaient la Grèce, l’Égypte ou les thermes de Baïes.
Des moyens variés et bien organisés
Le principal moyen de transport restait la marche à pied. Les voyageurs plus fortunés utilisaient des chevaux, des chars ou des litières.
Sur les fleuves (comme le Rhin, le Danube ou le Nil) et en mer, des embarcations à voile ou à rame permettaient de gagner du temps et de transporter de lourdes cargaisons.
L’administration romaine disposait d’un service postal appelé cursus publicus, réservé aux messages officiels. Des relais (mutationes) y assuraient le changement de montures, tandis que les mansiones offraient un hébergement pour les voyageurs autorisés.
Fréquences et durées de déplacement
Voyager était une entreprise lente. Un piéton parcourait environ 20 à 30 km par jour, un cavalier pouvait atteindre 50 à 60 km. Traverser l’Empire d’est en ouest (de l’Espagne à la Syrie) pouvait prendre plusieurs mois. Toutefois, la fréquence des déplacements était bien plus élevée qu’on ne le pense : une partie significative de la population était mobile, temporairement ou définitivement.
Les bornes milliaires
Ces colonnes de pierre jalonnaient les routes romaines tous les mille pas romains (environ 1 480 m). Elles indiquaient la distance jusqu’à Rome ou la ville la plus proche, ainsi que le nom de l’empereur régnant. Un outil précieux pour les voyageurs de l’époque.

Actualité
- Moyens pour assurer le retour du voyageur à l’époque romaine
- Transport and Communication in the Roman State: the Cursus Publicus
- Cursus Publicus: The Ingenious Postal System of the Roman Empire
Bibliographie
- Chevallier, R. Les voies romaines. Picard, 1997.
- Laurence, R. The Roads of Roman Italy. Routledge, 1999.
- Talbert, R. Rome’s World: The Peutinger Map Reconsidered. Cambridge University Press, 2010.
- https://vividmaps.com/roads-of-roman-empire/
- https://imperiumromanum.pl/en/curiosities/cursus-publicus-post-office-of-ancient-rome/

