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Les chevaliers (supplément Mots Croisés d’Archéo #7)

Qu’est-ce qu’un chevalier ?

Le chevalier était à l’origine (IXe – Xe siècle) un homme guerrier, noble ou non, ayant les moyens d’avoir et d’entretenir un cheval, une armure et des armes. Ils sont aux ordres et combattent pour un suzerain, c’est-à-dire un seigneur qui les rétribue en leur donnant des terres.

À partir du xie siècle, avec l’importance de la chrétienté, le chevalier se moralise et toute une série de règles est mise en place. On peut parler du code d’honneur du chevalier.

Comment devient-on chevalier ?

Devenir chevalier est un long travail. Il s’agit d’une éducation dès le plus jeune âge. Seule la noblesse y a accès. L’apprenti chevalier reçoit tout d’abord une éducation physique et militaire. Il apprend à monter à cheval ou à manier l’épée. Il reçoit aussi une éducation culturelle et artistique, où il apprend à dresser les faucons, chasser, jouer de la musique, etc.

Galopin

Le seigneur place son fils vers l’âge de 6 ans chez un parent ou un ami qui devient son parrain. À ce stade, le garçon s’occupe de nettoyer l’écurie.

Page

Vers l’âge de 10 ans, il devient page. Il s’occupe des chevaux, est au service de la dame du château et apprend la danse, le chant, l’écriture, la lecture, suit un entraînement équestre, apprend à chasser.

Écuyer

Le mot écuyer vient du mot écu qui veut dire bouclier. L’écuyer devra s’occuper du bouclier et du cheval du seigneur. L’écuyer devra aussi s’occuper d’amuser les invités de son seigneur. Le garçon devient écuyer vers l’âge de 14 ans.

L’adoubement

Après 4 ans de combat aux côtés du chevalier, l’écuyer devient à son tour un chevalier, il a environ 20 ans. L’adoubement marque ainsi le passage de l’état d’écuyer à celui de chevalier.

La veille de la cérémonie

  • Il prend un bain purificateur et met une tunique blanche.
    • Il jeune pour faire pénitence.
    • Le soir il va dans la chapelle et passe la nuit à prier, assisté de son parrain : la veillée d’armes. C’est de là que provient l’expression passer une nuit blanche.

Le matin de la cérémonie

  • Il se confesse, il communie, va à la messe, écoute le sermon.

Au moment de la cérémonie

Il s’approche de l’autel l’épée suspendue à son cou, un prêtre la bénit, puis il s’agenouille devant le seigneur ou l’évêque qui lui demande : « Pour quelle raison désires-tu entrer dans la chevalerie ? Si tu recherches la richesse ou les honneurs, tu n’en es pas digne ! »

Le jeune homme pose alors la main sur l’évangile et prête à haute voix le serment des chevaliers.

Les pages l’aident à revêtir sa tenue : cotte de mailles, cuirasse, brassards et éperons dorés. Il ceint l’épée.

Il s’agenouille pour recevoir la collée : le seigneur lui donne 3 coups du plat de son épée sur la joue, ou du plat de la main sur la nuque, en disant : « Au nom de Dieu, de Saint Michel et de Saint Georges, je te fais chevalier. Sois vaillant, loyal et généreux. »

On lui amène son cheval, il met son heaume, et saute sur le destrier sans toucher les étriers. Il part au galop en renversant de sa lance une série de mannequins

L’équipement du chevalier

L’armement du chevalier comporte, en plus de l’épée, plusieurs autres pièces. Le chevalier est donc équipé :

  • Du bouclier ou écu avec lequel il protège son corps.
  • Du haubert, cotte de mailles fines pouvant peser jusqu’à 15 kilos (sorte de robe formée de petits anneaux de métal qui sont enlacés les uns dans les autres). Elle couvre le cou, les mains et quelquefois la tête. La cotte de mailles est relativement souple et permet à un cavalier tombé à terre de se relever sans aide. Le haubert était souvent porté au-dessus d’une robe matelassée ou d’un tissu épais.
  • D’une armure de plaque, introduite au xive siècle en remplacement du haubert. Elle est faite de plaques de métal articulées, dont le poids est mieux réparti. Elle permet au chevalier de combattre à pied en cas de chute de cheval. Elles ont pu atteindre avec le temps jusqu’à 50 kg. C’est l’armure « classique » que tout le monde connaît.
  • Du heaume, casque qui couvre toute la tête du chevalier. D’abord conique, il disposait d’un nasal pour protéger le nez. Il enveloppe avec le temps de plus en plus la tête. Le heaume est maintenu en place à l’aide de lanière en cuir.
  • De la lance en bois qui fait 2,5 m et s’achève par une pointe en métal.
  • Des éperons dont les pointes font quatre centimètres.

Les occupations du chevalier

Le tournoi

Le tournoi est un grand rassemblement de chevalerie organisé à grand déploiement de prestige et banquets à l’occasion de festivités, accordailles, mariages, traités, réjouissances ou célébrations de toute sorte, donnant lieu à présentations, défilés, jeux et protocole.

Très coûteux, les tournois ne pouvaient être organisés que par de très grands seigneurs et attiraient une foule considérable et pouvaient durer plusieurs semaines.

Pour le tournoi il faut pouvoir manœuvrer le plus longtemps possible dans le meilleur confort de vision et de mobilité avec un maximum de prestige dans le costume. Le casque s’agrémente de cimiers importants tandis que la visière se transforme en grille largement ajourée. La cuirasse non apparente, car recouverte de la cotte d’armes richement armoriée est souvent percée de larges trous voire même est faite de cuir bouilli.

Plusieurs épreuves ont lieu : commençailles (combats qui ouvrent les joutes, réservés aux débutants, les bacheliers), passes d’armes, béhourds, courses de planchon, tables rondes, emprises d’armes, épinettes, versions populaires de joutes avec mules et bâtons.

Au XVe siècle, le tournoi est devenu un sport organisé qui est réglé un ensemble de lois complexes. Il pouvait prendre trois formes principalesː le combat à deux avec des chevaux, le tournoi libre ou tournoi au sens strict du terme, et le tournoi à pied. Le tournoi à deux peut s’opérer sous forme de piquer, de joute ou de course.

La joute

Sur une durée plus courte et en ligne droite, il faut pouvoir résister au choc important de la lance et réduire le risque de pénétration d’éclat de bois dans la visière du casque. D’abord une façon de régler un différend entre deux chevaliers, la joute deviendra petit à petit un jeu très codifié à la fin du XVe siècle.

À la fin du XIe siècle, l’équipement du jouteur n’est pas différent de son équipement de bataille.

Au XIIIe siècle, le chevalier se contente de rabattre ses ailettes de protection d’épaule sur le devant et de remplacer le fer de sa lance par un rochet. Il utilise son heaume, son écu et son adresse !

En France la joute s’est longtemps pratiquée sans barrière. Les lances pouvaient atteindre 5 mètres de long, équipées de rondelles de lances pour protéger la main et le bras.

Les armuriers renforcent le heaume en supprimant les larges ouvertures, remplacées par une fente étroite au niveau des yeux. Ce heaume, nommé « tête de crapaud » du fait de sa forme. Il pouvait peser jusqu’à 9 kg. Ce casque très spécifique et parfaitement bien adapté à la joute ne pouvait en aucun cas être utilisé sur un champ de bataille.

L’armure du jouteur est d’un poids considérable pour donner plus de puissance au coup de lance et de fixité au cavalier. La cuirasse est renforcée au côté gauche par un gantelet sur l’avant-bras, une plaque d’acier protégeant l’épaule. Attaché par une courroie à l’armure, l’écu ou targe est un bouclier en bois recouvert de cuir ou de corne de cerf avec un quadrillage en relief permettant d’esquiver les coups de lance.

Pour en savoir plus

Si vous avez aimé, n’hésitez pas à me donner un « coup de pouce » sur ma page Tipeee (https://fr.tipeee.com/archeostudia)

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